Dès les temps antérieurs à l'histoire, sous les serviteurs d'Horus, il existait à Dendara une procession au mois d'Epiphi. Son rituel avait été codifié dès cet âge lointain sur des rouleaux de cuir. Sous le roi Kheops, on avait établi une organisation générale du Temple, comprenant non seulement le plan de l'édifice mais l'économie du culte lui-même. Des documents, qui conservaient ces souvenirs mémorables, existaient encore sous Thoutmosis III et l'on s'en servit alors pour rénover le cérémonial de la déesse. À la VIe dynastie, nous avons même des précisions plus abondantes. Sous Pépi Ier, on renouvela les cérémonies d'Epiphi en tenant compte du vieux rituel antédynastique. Cette rencontre d'Hathor et d'Horus eut, apparemment, une importance considérable et c'est une des rares fêtes égyptiennes pour lesquelles nous puissions remonter aussi haut dans le temps. Pépi Ier, du reste, fut très pieux pour les divinités de Haute Égypte et Hathor de Dendara en particulier.

Il avait offert au temple une statuette en or le figurant en train de présenter à sa mère le petit Ihy, fils d'Hathor, le musicien dont la mélopée enchantait ses oreilles et chassait le mal. Cette statue d'une coudée de haut, était conservée dans la crypte souterraine du mur Sud. C'est à la VIe dynastie que se placent les mastabas les plus anciens de la nécropole. Les textes des pyramides de leur côté, connaissent déjà "celle de Dendara", la déesse Hathor, à laquelle le roi s'identifie. Adou, qui avait aussi était gouverneur de la cité de la pyramide royale, était devenu grand chef du nome. Seneni, parmi d'autres fonctions, était chargé de la navigation d'Hathor, Dame de Dendara. C'est la première fois que ce titre apparaît. Il se rapporte aux rites durant lesquels la procession de la déesse s'embarquait sur le fleuve. Les deux principaux étaient la navigation vers Khadit, où résidait Harsomtous, et le voyage à Edfou, où se célébrait au mois d'Epiphi la Bonne Réunion. Mais il y avait aussi d'autres fêtes durant lesquelles la déesse naviguait, au moins à la Basse Époque. Durant la période des royautés multiples, des inscriptions provenant de la nécropole montrent que Dendara a continué sa vie provinciale, à l'écart des bouleversements politiques. Montouhotep à la XIe dynastie dominait le nome de Dendara, voisin de celui de Thèbes.

Ceci montre que la première dynastie thébaine été dévouée à Hathor de Dendara. Thoutmosis III plus tard renouvela l'organisation générale du temple et le rituel des fêtes. Aménophis III et les rois de la XVIIIe dynastie, honorèrent aussi le temple d'Hathor en renouvelant le culte et en y consacrant des statues et les offrandes qui les accompagnaient. Les rois de Napata, ne négligèrent pas, par la suite, l'Hathor de Dendara. Une stèle du Musée du Caire, provenant de Dendara, en dépit de son manque de clarté, semble bien impliquer que l'on reconstruisit sous Chabaka l'enceinte extérieure du temple. Il y a beaucoup de chance pour que le grand mur de briques actuel, qui entoure le temple, ait déjà existé quand on édifia le temple à la fin de la dynastie macédonienne. Sous le roi Nectanebo, on édifia dans l'enceinte sacrée, à droite de l'allée conduisant au temple, un mammisi. C'est avec celui de Philae, le plus ancien de ces monuments que nous connaissions. Mais l'œuvre la plus importante accomplie à Dendara par le dernier macédonienne fut, sans aucun doute, la reconstruction du sanctuaire majeur. 

Nous n'avons aucune idée du plan de l'ancien qui se trouve évidemment sous le monument actuel. Le temple ptolémaïque était d'une seule venue et édifié sur un plan unique, sans adjonction. Le temple comprenait essentiellement un sanctuaire entouré d'un couloir et des chapelles, il était précédé d'une salle de l'Ennéade, d'une salle des offrandes et d'une salle de l'apparition, flanqué de magasins. Des escaliers donnaient accès au toit et des cryptes soigneusement ornées complétaient cet ensemble mûrement conçu et admirablement exécuté. De quand date-t-il? Il nous est difficile de le dire. Dans la plus grande partie de l'édifice orné sous les Ptolémées, les cartouches royaux sont vides. En réalité, sur les colonnes de la salle de l'apparition, on peut constater que des noms étaient peints dans l'espace non sculpté. Mais ces hiéroglyphes n'ont jamais été gravés. Il est possible que les changements parfois violents de personnages royaux, suivis de retours de souverains détrônés, aient découragé les décorateurs qui laissaient les noms seulement peints ce qui eût permis facilement de les corriger. Puis, on les laissa tels quels; et aujourd'hui la peinture a presque totalement disparu. Si nous admettons comme date moyenne la dixième année d'Aulète, la reconstruction aurait été entreprise durant les dernières années de Ptolémée VIII Évergète II, ou, au plus tard, durant les premières années de Ptolémée IX Sôter II. L'enceinte de brique ne possédait que deux portes monumentales, celle du Nord, dans l'axe du temple majeur de la déesse, et celle de l'Est, permettant l'accès direct au temple d'Isis. Celle du Nord, a été partiellement détruite à une date récente. Les membres de l'expédition d'Égypte la virent bien plus intacte, et elle n'avait pas encore été très saccagée, au milieu du XIXe siècle.

Faute de document précis, ces suppositions offrent une probabilité suffisante. C'est donc à la fin du second siècle avant notre ère que fut entrepris le temple que nous visitons encore à ce jour. À l'époque romaine le temple de la déesse fut complété par la salle hypostyle dont les murs Est et Ouest viennent prendre comme en tenaille l'ancienne façade. La construction nouvelle est juxtaposée à la précédente et non appareillée avec elle. Les rois mentionnés dans les cartouches sont tous des empereurs de la famille Julio-claudienne: Tibère, Néron. La construction semble donc avoir été entreprise au plus tard sous Auguste. Ce dernier vient aussitôt après Cléopâtre VII qui a orné la façade Sud du Temple où elle figure avec Ptolémée Césarion. Ensuite, pour rivaliser avec Edfou, on décida d'élever autour de cet imposant sanctuaire un mur d'enceinte en pierre et, devant la façade Nord, une cour à portiques. Peut-être les travaux furent-ils commencés par Néron. On voit, en effet ce roi offrir à la déesse un mammisi, sur le mur intérieur Ouest de la salle hypostyle. Le mur de pierre, destiné à cacher le grand temple aux regards, ne s'éleva jamais comme celui d'Edfou. Il ne subsiste-t-il plus aujourd'hui que des arasements, et les fondations du portique, qui devaient entourer la Cour, ne furent même pas jetées.

Quand le temple fut-il désaffecté? Quand construisit-on une église dans la cour ouverte et du mammisi? Nous sommes incapables de le préciser. Le plan de l'abside subsiste encore sur le dallage qui devait servir de radier de fondations. La nef était constituée par la cour intérieure qui précédait la salle des offrandes. On dut pouvoir la couvrir avec des poutres en bois. Mais elle devint sans doute trop petite et, au Ve siècle probablement, on construisit avec des pierres de la partie antérieure du mammisi romain, une basilique dont on voit encore les ruines entre les deux mammisi. Dendara, devenue chrétienne, s'était rapidement illustrée par un martyr de la foi. C'était un ermite d'une grande réputation qui fut mis à mort par le gouverneur Arianos. On le jeta dans le fleuve avec une lourde pierre au cou; mais comme il surnageait toujours, le gouverneur le fit pendre à un palmier et, finalement, il expira. On célèbre son anniversaire le 20 Pharmouti.

Le nom du nome était connu depuis longtemps par une graphie représentant un crocodile muni d'une plume sur la tête. La véritable lecture, qui était ik, disparaît à l'époque grecque pour faire place à une nouvelle ,Itdi, qui possède des orthographes diverses. C'est en réalité l'un des noms du temple dans lequel naquit Isis, au Sud-Ouest géographique du temple d'Hathor, au Nord-Ouest pour les égyptiens.
Peut-être ce mot signifie-t-il "la butte de donner (la déesse)", cette appellation fut étendue par les Grecs au nome tout entier. A partir du fleuve, côté Nord de l'enceinte du temple, par où le voyageur arrivait, il y avait certainement un canal qui, branché sur le Nil, passait près d'un kiosque où commençait le dromos du temple. Ce kiosque a aujourd'hui disparu, mais il a été décrit par les savants de la "commission d'Égypte" et dessiné par certains voyageurs. C'était le point où Hathor s'embarquait pour naviguer sur le fleuve.

La porte monumentale Nord est encore précédée d'un dromos et, devant le pylône, elle est ornée de bassins d'ablutions et de fontaines.
La porte monumentale du Nord est prise dans un pylône de briques crues, lié au mur d'enceinte.
De part et d'autre de la chaussée, qui conduit à la porte monumentale Nord, se trouvent deux constructions précédées de quatre colonnes, il s'agit des bassins d'abluions et des fontaines.
Les colonnes possèdent des chapiteaux composites.
La porte monumentale est prise dans un pylône de briques crues, lié au mur d'enceinte. Des stèles, aujourd'hui frustes, la précédaient et elle était flanquée extérieurement de deux sphinx.
Le sphinx protecteur.
La base du môle est décoré des plantes aquatiques des marais, nous apercevons l'oiseau rekhyt, qui symbolise les hommes.
La scène du môle gauche nous présente le roi, coiffée de la double couronne, présentant une offrande à la déesse Hathor et à son époux Horus d'Edfou. La déesse est coiffée des cornes de vache qui encadrent le disque solaire. Comme le roi, le dieu Horus, est coiffé de la double couronne, il tient le sceptre ouas. Le lion, très endommagé, précédait le môle.
Cartouche.
La porte monumentale.
Le roi, coiffée d'une couronne composite, présente une offrande à la déesse Hathor et à son époux Horus d'Edfou.
Procession des nomes sous l'apparence du dieu Hâpy.
La scène du môle gauche nous présente le roi, coiffée de la double couronne, présentant une offrande à la déesse Hathor et à son époux Horus d'Edfou. La déesse est coiffée des cornes de vache qui encadrent le disque solaire. Comme le roi, le dieu Horus, est coiffé de la double couronne, il tient le sceptre ouas.

La porte colossale, qui était fermée d'un seul battant, posséda plus tard une fermeture plus petite et plus maniable. La porte de dimension colossale, et d'un seul battant, avait dû se voiler et était devenue inutilisable avec le temps. En effet, le seuil de la porte est percé de trous qui doivent avoir maintenu en place une porte secondaire qui n'avait pas été prévue puisqu'on a dû entamer les reliefs pour la fixer plus haut dans le mur.

Les faces intérieures des môles sont gravées de scènes d'offrandes aux divinités. Les montants de la porte monumentale possèdent un relief très important: on  y voit Domitien, précédée de Ihy, offrir le sistre et la menat à Hathor et Isis, qui est un autre aspect d'Hathor.
 Ce tableau, qui formait comme un résumé de tout le culte et de toute la théologie la plus récente du temple, avait une importance capitale. Aussi l'avait-on revêtu d'or qui infusait aux représentations la vie divine dont il était chargé.

L'on remarquera autour des divinités les trous destinés à recevoir les chevilles qui maintenaient en place la plaque d'or ou de métal doré qui avait été appliquée sur le bas-relief.

Le montant droit de la porte monumentale.
La lourde architrave de la porte est décorée d'un scarabée ailé vu en dessous, ce qui est rare dans les représentations égyptiennes connues.
Le scarabée ailé, le linteau décoré et le tore.
Le scarabée ailé, le linteau décoré et le tore. Au centre du linteau nous trouvons une représentation de la déesse Hathor. Les divinités assises tournent le dos à cette représentation.
Le montant droit de la porte monumentale

1) le temple d'Isis
2) le lac sacré
3) le grand temple d'Hathor
4) le mammisi de Nectanebo
5) l'église Copte
6) le mammisi  d'Auguste
Si l'on avait pu exécuter exactement le plan prévu, la salle hypostyle aurait été précédée d'une grande cour entourée de portiques, comme à Edfou. Mais cette construction n'a jamais été achevée.
Une allée pavée traverse la grande cour pour aboutir à la façade de la grande salle hypostyle.

La façade de la salle hypostyle est majestueuse sans être écrasante et elle donne surtout une impression de stabilité sans fin. Pourtant, c'était sûrement une autre idée que voulaient traduire les 24 colonnes hathoriques qui supportaient son toit. chacune d'entre elles était formée d'un sistre, appelé par les Égyptiens "sechechet". Cet instrument de musique était composé d'un manche surmonté d'une tête d'Hathor.

A droite de la cour s'élèvent plusieurs constructions: deux mammisi et une église copte. Le mammisi situé tout près du mur d'enceinte est l'œuvre d'Auguste. Le temple de Dendara a conservé presque tous les monuments qui s'élevaient dans son péribole sacré. Il n'existe pas d'autre site comme celui-là : à Philae tout ce qui était en briques a été détruit par les eaux, Kom Ombo est à demi emporté par le fleuve, Edfou et Esna sont encore ensevelis sous la ville moderne. C'est ainsi que Dendara est la seule localité qui nous ait livré un sanatorium, bien qu'il en ait existé sans doute dans chaque grand temple.