L'obélisque de San Giovanni Laterano

 
Plan de situation de San Giovanni Laterano.     Plan de situation de San Giovanni Laterano.
Plan de situation de San Giovanni Laterano.
La basilique Saint Jean de Latran
La basilique Saint Jean de Latran a été fondée entre 314 et 318 par Constantin qui fit don au pape Melchiade d'une propriété ayant appartenu à la famille romaine des Laterani, ayant été confisqué par Néron. Bâtie sur les fondations de la caserne de la garde montée de l'empereur Constantin qui, elle-même, recouvrait une partie de la maison des Laterani, c'est la plus ancienne basilique chrétienne construite à Rome.
'obélisque de granit rouge
L'obélisque de granit rouge qui se dresse au centre de la piazza San Giovanni in Laterano est la plus haut et le plus ancien de Rome.
C'est le plus grand obélisque connu encore debout aujourd'hui. Il mesure 32 mètres et 47 mètres avec son piédestal. Erigé à Karnak, dans le sanctuaire oriental, à l'est de l'Akh-Ménou, l'obélisque unique est de Thoutmosis III et Thoutmosis IV. Conçu et réalisé pat Thoutmosis III pour le temple de Karnak celui-ci ne fut dressé que 30 ans après sous le règne de Thoutmosis IV. L'empereur Auguste pensa l'emmener à Rome mais abandonna le projet, visiblement par sentiment religieux si l'on s'en tient aux propos de Ammien Marcellin :
"Et parce que les flatteurs, qui gonflaient (d'orgueil) Constance selon leur habitude, bourdonnaient sans mesure qu'Octave Auguste avait fait transporter deux obélisques de la cité égyptienne d'Héliopolis, dont l'un se trouve au Cirque Maxime, l'autre au Champ de Mars, mais qu'effrayé par les difficultés (causées par) sa taille, il n'avait osé ni toucher ni déplacer celui qui a été récemment amené. Que ceux qui l'ignorent apprennent que, si cet ancien empereur, après en avoir transporté d'autres, a laissé celui-ci intact, c'est parce que, dédié au dieu soleil en une offrande particulière et fixé dans le sanctuaire d'un temple imposant, (sanctuaire) auquel on ne pouvait accéder, il se dressait comme le sommet de l'ensemble".
Ammien Marcellin, Historiae, Liber XVII, IV, 12, traduction Corinne Smeesters

le cirque Maximus     le cirque Maximus

le cirque Maximus

En 340 après J.-C., l'empereur Constance II, fils de Constantin, voulu consacré l'obélisque de Thoutmosis III pour les jeux du cirque.
Constance II le fit transporter à Alexandrie où il attendit 20 ans avant d'être transporté à Rome, sur un bateau pouvant contenir 300 rameurs, il fut érigé sur le cirque Maximus.

Le pyramidion de l'obélisque     Le pyramidion de l'obélisque
Son transport à Rome et son érection par Constance II sont relatés par Ammien Marcellin ainsi que sur une inscription gravée sur les côtés de sa base aujourd'hui disparue. Mais Constantin, qu'un scrupule semblable touchait peu, ou qui pensait avec raison ne porter aucune atteinte aux idées religieuses en enlevant cette merveille d'un temple particulier, pour en faire la dédicace à Rome, temple de l'univers entier, commença par déplacer ce monument, qu'il laissa couché, en attendant que les préparatifs du transport fussent terminés. Conduit ensuite par le Nil, l'obélisque fut déposé sur le rivage à Alexandrie, où l'on construisit exprès un navire de proportions inusitées, et qui devait être mû par trois cents rameurs. Mais le prince mourut dans l'intervalle, et l'opération languit. Ce ne fut que longtemps après que cette masse, enfin embarquée, traversa la mer et remonta le Tibre, qui semblait craindre que le volume de ses eaux ne suffît pas à convoyer jusqu'à la ville qu'il arrose ce présent d'un fleuve inconnu. Arrivé au bourg d'Alexandrie, à trois milles de Rome, l'obélisque fut hissé sur des rouleaux, et lentement introduit, par la porte d'Ostie et l'ancienne piscine publique, jusqu'à l'esplanade du grand cirque. Il s'agit alors de l'ériger, ce qui était réputé peu praticable, sinon impossible. Dans ce but, on éleva, non sans danger, une forêt de hautes solives, au sommet desquelles venait s'assujettir une multitude de longs et forts câbles, serrés comme les fils de la chaîne d'un tisserand, et formant un rideau assez épais pour dérober la vue du ciel. À l'aide de cet appareil, et des efforts de plusieurs milliers de bras imprimant de concert à la machine un mouvement analogue à celui de la meule supérieure d'un moulin, cette espèce de montagne, dépositaire des rudiments de l'écriture, insensiblement se soulève, et, suspendue quelque temps dans l'espace, prend enfin son assiette au milieu du sol. L'obélisque fut d'abord surmonté d'un globe d'airain, revêtu de lames d'or. Mais cet ornement ayant été frappé de la foudre, on y substitua une torche du même métal, dont la flamme, également figurée en or, produisait d'en bas l'effet d'une gerbe de feu.
Ammien Marcellin, Historiae, Liber XVII, IV, 13-15, traduction Itinera Electronica
 l'obélisque
Pour une cause inconnue et indéterminée, il s'écroula et se cassa en trois fragments. Le monolithe fut dégagé en 1587. Au service de Sixte Quint, Fontana fut chargé de redresser cet obélisque et de le placer sur le parvis de Saint Jean de Latran. Cassé en plusieurs endroits, Domenico Fontana préféra le monter pièce par pièce et de le restaurer sur place. L'entreprise s'acheva le 10 août 1588.
Au mois d'août 2006, l'obélisque de Saint Jean de Latran, subissait une cure de jouvence.
Il était ceinturé d'un échafaudage métallique, ne laissant dépasser que quelques mètres de la pointe.
Le pyramidion de l'obélisque     Le pyramidion de l'obélisque
Le pyramidion de l'obélisque est surmonté des monts, de l'étoile et d'une croix. Les monts et l'étoile sont les armoiries de Sixte Cinq.
La base du "chapeau" du pyramidion est constituée de quatre lions qui correspondent au quatre faces du monolithe.
Sur les quatre faces du pyramidion le roi est placé devant une divinité, une inscription hiéroglyphique couronne ces scènes.
Cartouches de Thoutmosis III et IV   l'obélisque
Les faces contiennent trois colonnes de textes.
Cartouches de Thoutmosis III et IV.
 face de l'obélisque deux faces de la pointe
Une face de l'obélisque et deux faces de la pointe.
Hiéroglyphes des quatre faces
Hiéroglyphes des quatre faces du monolithe unique du temple de Karnak, aujourd'hui à Saint Jean de Latran.