Les palettes en schiste en forme d'animaux sont très caractéristiques de la culture nagadienne.
Des exemplaires destinés à un usage quotidien, aux formes diverses sur lesquelles on écrasait la malachite (carbonate de cuivre hydraté d'un beau vert, utilisé actuellement en joaillerie en en tabletterie), la chrysocolle (silicate hydraté de cuivre, de couleur vert bleuâtre) ou la galène (sulfure de plomb), dont la poudre servait de fards magiques pour ombrer les yeux de vert ou de noir. Ces produits appliqués sur les paupières et autour des yeux avaient aussi une réelle protection matérielle.
Réduites à d'élégantes silhouettes de poissons ou d'oiseaux, les palettes retrouvées dans les tombes avaient un usage utilitaire.
On y écrasait les fards vert et noir dont les Égyptiens avaient coutume d'ourler leurs paupières.
Taillées dans le schiste les palettes à fard reproduisent souvent les contours simplifiés d'un animal : poisson, tortue ou canard, qu'anime souvent un œil incrusté de coquillage. La palette la plus célèbre, qui est une palette votive, se trouve au musée du Caire : la palette de Narmer. (voir le musée du Caire)
Palettes sous la forme de poisson.
Vases de Nagada.
La période prédynastique de l'Égypte est particulièrement bien illustrée par la collection du Louvre : on peut y admirer tout à la fois l'éventail complet des formes de vases créés au IVème millénaire sur les rives du Nil. L'on y trouve des récipients taillés dans la pierre ou façonnés dans l'argile.
La période connaît une grande variété de vases en terre cuite, utilisés comme vaisselle ou pour stocker les aliments et les boissons. Certains vases se parent de bords noirs dont la couleur métallique contraste heureusement avec le rouge de la panne soigneusement polie. Les vases rouges à décor blanc, caractéristique de la première époque de Nagada, sont ornés de motifs géométriques.
Les vase à décor violacé qui leur succèdent montrent une prédilection pour la ligne courbe : spirales, ondulations, plantes et bateaux à rames évoluant dans un paysage parsemé d'oiseaux et de gazelles.
Il existe trois principaux types d'argiles utilisées par les potiers égyptiens au cours des millénaires : 
- les limons alluviaux que l'on trouve sur les deux rives du Nil et dans le Delta
- les argiles calcaires situées dans les strates des plateaux et, dans les parties basses, entraînés par les ouadis près de la vallée
- les argiles kaolinitiques des oasis occidentales, Dakhla et Kharga, et la région d'Assouan, les gisements proches de la première cataracte étant surtout exploités aux époques romaine et byzantine.
Les ateliers sont présents à toutes les périodes et dans tous les terroirs, à l'exception peut-être des zones désertiques ou semi-désertiques.
On a coutume de distinguer deux époques, correspondant à deux types de poteries décorées dont le musée du Louvre possède des exemples significatifs. On y retrouve un répertoire de motifs et de couleurs qui se répètent d'un site à l'autre. Durant la période de Nagada I (4000-3500 avant notre ère), on note une préférence pour les dessins anguleux où alternent lignes droites, quadrillages et zigzags, tracés en crème sur fond brique.
Puis vient la période de Nagada II (3500-3100 avant notre ère); la forme des vases s'arrondit, et sur leur panses claire l'artiste dessine en brun violacé des scènes figuratives : bateaux à rames évoluant dans un paysage indécis, personnage dansant, animaux...etc.
 Vase de la période de Nagada.
Vase de la période de Nagada.
Trois palettes.
Fragment d'une palette dite : "palette de la chasse".
Cette palette, fragmentaire, représente des hommes armés de lances, d'arcs et de lassos qui  attaquent des autruches, des lions, des gazelles et des lièvres.
Les scènes de chassent s'articulent autour d'un élément central représenté par le godet à fard.
La palette dite "de la chasse" appartient à un type d'objet qui porte les premiers bas-reliefs égyptiens à la fin de la Préhistoire. Il s'agit de grandes plaques de pierre votives, portant une cupule en leur milieu. Celle-ci est décorée, sur une seule face, d'une scène de chasse. Le costume, les armes et certains signes se retrouveront dans la civilisation pharaonique.
Les hommes sont armés de lances, d'arcs et de lassos.
 

A la fin de la préhistoire égyptienne, pendant le IVème millénaire av. J.-C., les habitants de la basse vallée du Nil comptent parmi leurs objets décoratifs des palettes en pierre sur lesquelles ils broient leur fard à yeux. Elles sont plates et leur découpe est sculptée d'élégante façon, reproduisant une silhouette animale stylisée, le poisson le plus souvent, ou bien en forme de losange ou encore d'écusson surmonté de têtes d'oiseaux. On suppose que le fard à yeux de couleur verte à base de minerai de cuivre tenait une grande place dans leurs coutumes et devait être considéré comme chargé de vertu magique. Les palettes étaient des objets d'art déposés au niveau de la tête du mort dans la tombe.

Dans la dernière phase de cette époque dite "de Nagada", après 3300 av. J.-C., des palettes portent des scènes qui comptent parmi les premiers exemples de l'art du bas-relief en Egypte. Certaines peuvent atteindre une taille assez importante et comportent une cupule en leur centre. C'est le cas de la palette dite "de la chasse" dont le Louvre conserve un fragment, deux autres se trouvant au British Museum de Londres ( EA 20790). La scène figure des hommes chassant le lion et l'antilope (fragments de Londres). Sur le fragment du Louvre, les chasseurs défilent portant des pagnes avec une queue d'animal, des bâtons de jet, des arcs et des enseignes. Ces accessoires et les conventions utilisées pour la représentation de ces personnages nagadiens se retrouveront tout au long de l'époque pharaonique.
Ces palettes "historiées" ont été trouvées dans des tombes mais également dans des édifices religieux. D'une grande valeur artistique, mais peu adapté pour un usage pratique, elles ont du constituer un équipement pour des dieux ou des chefs. Leur usage devait être restreint aux cérémonies, voire même seulement commémoratif. En effet, c'est sur ces grandes palettes, ainsi que sur les manches en ivoire de poignards, que l'art du relief se développe alors, tandis que la grande architecture de pierre est encore inexistante. C'est ainsi que la palette à fard, un type d'objet caractéristique de la fin de la préhistoire, devint le support des premiers reliefs. Ici, la scène de chasse exprime une activité fondamentale de la société préhistorique, qui pour les Egyptiens de la période historique était considérée comme une manifestation de l'emprise de l'homme sur le chaos naturel. Les chasseurs défilent le long du bord de la palette, tandis que les animaux sont relégués au centre et sur les extrémités. Sur cette œuvre mobile, l'action est organisée avec une liberté qui nous déconcerte, car elle n'est pas soumise à l'orientation fixe d'une paroi murale.
Palette de la chasse reconstituée, avec une reproduction du morceau en haut à gauche, présenté au Musée du Louvre.
Deux morceaux de la palette sont au British Museum.
Palette de la chasse reconstituée.
Les scènes de chasse peuvent être interprétées comme montrant la lutte entre l'homme civilisé et les forces du chaos, qui sont symbolisé par les animaux sauvages et féroces.
Cela peut aussi être vu dans une forme légèrement différente sur des palettes de cérémonie ornées de scènes de bataille dans laquelle les Egyptiens dominent et matent leurs ennemis.
La chasse était, depuis très longtemps, un passe-temps favori des élites. La grande variété d'animaux sauvages présentés ici représente probablement les espèces qui pouvaient généralement être trouvés lors de la chasse, plutôt que ceux rencontrés sur une seule expédition.
Ceux-ci inclus : lièvres, cerfs, bouquetins, autruche et lions. La plupart de ces animaux ne se trouvent plus en Egypte. Les autruches ont été représentées dans les gravures rupestres dans les oueds et aux marges du désert durant toute l'histoire égyptienne. Une offrande de plumes d'autruche a été trouvé à Hiérakonpolis, associé avec le retour de la déesse Hathor du Sud, annonçant l'inondation.
Des hommes tiennent des arcs, des massues, des boumerangs, des cordes, des lances...etc.
Des chiens participent et aident les chasseurs.
Le lion vient de recevoir six flèches dans son corps.
Le godet servait à broyer les minéraux, mais l'utilisation première de cette palette est liée à une cérémonie.
Palette de la chasse est reconstituée, avec une reproduction du morceau en haut à gauche, présenté au Musée du Louvre.
Les deux autres morceaux de la palette sont au British Museum.
Le verso de la palette de la chasse est anépigraphe.
Palette du taureau.
Sur cette palette le roi vainqueur apparait sous l'aspect d'un taureau piétinant un ennemi.
Palette célébrant une victoire
vers 3300 - 3100 avant J.-C.
grauwacke
H. : 26,50 cm. ; L. : 14,50 cm.
Le roi, représenté sous la forme d'un taureau, renverse un ennemi.
La représentation est accompagnée de signes symboliques et de hiéroglyphes qui sont parmi les plus anciens.
Le roi, figuré sous la forme d'un taureau, piétine un ennemi.
Cinq enseignes de clans tenant au bout d'une corde un ennemi vaincu.
Au revers : le roi, représenté sous la forme d'un taureau, renverse un ennemi ; en-dessous, forteresses figurées en plan.
Le roi piétinant un ennemi, nous avons une forteresse à murs crénelés.
Le roi, sous la forme du taureau, piétine un ennemi.
A l'intérieur de la forteresse à murs crénelés nous avons le roi représenté sous la forme d'un lion.
Palette au taureau.