La mise en eau du lac Nasser, après la création du haut barrage d'Assouan, a transformé le lieu en île et a noyé ses abords.
Qasr Ibrim est le seul site archéologique majeur en Basse-Nubie à avoir survécu aux crues du Nil.
         
Emplacement du site de Kasr Ibrim (ou Qash Ibrim)
Historique de Qasr Ibrim.
Amenhotep Ier, deuxième souverain de la XVIIIème dynastie (Nouvel Empire) y laisse une stèle vers -1525 -1504. Les vice-rois de Nubie y creusent des spéos lors des règnes de Hatchepsout, Thoutmôsis III, Amenhotep III et Ramsès II. Une ville de garnison y est construite vers 920-800 av. J .C.
Le pharaon Taharqa, de la XXVème dynastie, construit un temple en terre crue vers 680 avant notre ère. Le temple est dédié à Isis.
Vers 25 avant notre ère,
Méroé lance une attaque contre Assouan. Le gouverneur romain Publius Petronius riposte en mettant à sac Napata. Il laisse une garnison à Qasr Ibriù. Toutefois, vers 21 avant notre ère, Méroé y construit des temples, faisant de Qasr Ibrim un important centre religieux ayant des liens étroits avec Philae.
Des moines coptes s'installent au VIème siècle, transformant le temple en église.
 Les évêques nubiens y ont leur cathédrale jusqu'au
XIVème siècle, construite au milieu de Qasr Ibrim.
À la fin du XVème siècle, les ottomans transforment la cathédrale en mosquée et renforcent les murailles. Une garnison y est maintenue jusqu'en 1811 où elle est chassée par les Mamelouks, eux-mêmes chassés en 1812 par Ibrahim Pacha. À partir de 1840, le site est abandonnée.
Le site a été fouillé en 1911 par David Randall-MacIver and C. Leonard Woolley de l'Université de Pennsylvanie.
Une stèle, utilisée en réemploi dans la crypte de la cathédrale byzantine est désormais conservée au British Museum.
Plusieurs chapelles commémoratives ont été creusées sur le versant Ouest de la colline, dédiées à diverses divinités par les vice-rois.
 Pendant les opérations de sauvegarde lancées lors de la construction du
haut barrage d'Assouan, ces chapelles ont été découpées et transférées à proximité de Ouadi-es-Seboua, sur le site de la nouvelle Seboua.
Une grande stèle de pierre de Séthi Ier à son vice-roi de Koush, Aménémopé, qui était localisé au sud de la forteresse de Qasr Ibrim, a été transférée à proximité d'Assouan.
Cette ville fortifiée occupe le plateau d'un massif gréseux sur la rive orientale du Nil, à environ 80 m de hauteur.
 Elle domine la plaine d'Aniba (rive occidentale), et son centre administratif, résidence des vice-rois de Nubie sous la domination égyptienne.
L'Egypt Exploration Society de Londres, commence  les premières fouilles en 1962.
Elles sont poursuivies par J.M. Plumley de l'Université de Cambridge avec l'aide de l'American Research Center en Egypte et des Universités d'Alabama et du Kentucky. David Edwards et Mark Horton en font une étude de premier plan. 
L'extrême aridité du climat permet de découvrir des éléments souvent difficiles à retrouver intacts comme les fragments de tissus, les vanneries, les cordes, les cuirs, les plantes entières, les reliefs de nourriture et les textes sur rouleaux de cuir ou de papyrus.
Les six mètres de couches stratigraphiques confirment une occupation, du premier millénaire avant notre ère jusqu'en 1812.
Au Nouvel Empire, Amenhotep Ier y laisse une stèle. Quatre spéos sont creusés sur les ordres des vice-rois de Nubie (sous la citadelle, en bas de la masse de grès), en particulier sous le règne d'Hatchepsout, Thoutmosis III, Amenhotep III et Ramsès II. 
La construction de la première citadelle se situe aux environs de 920-800 avant notre ère. Elle est probablement réalisée par des populations locales.
 C'est à la XXVème dynastie avec Piyé (ou Piankhy) et Taharqa que sont apportés des aménagements tels un système de défense renforcé et un petit temple en brique.
Poste avancé napatéen, la fondation de Taharqa est agrandie à l'époque méroïtique pour une population en accroissement.
Le repeuplement de cette région est possible grâce à l'introduction de la saqia (système de roues à aube) plus performante que l'ancien shadouf (balancier) utilisé pour l'irrigation.
Un rapace.
Après la mort de Cléopâtre, l'empereur Auguste saisit la couronne d'Egypte. Il semble que les relations entre le royaume de Méroé et le premier préfet romain Gallus, soient paisibles. Cependant aux alentours de 25 avant notre ère, une Candace (reine de Méroé) attaque Assouan. Riposte immédiate du nouveau gouverneur Pétronius, qui prend Qasr Ibrim et met à sac la cité de Napata. En remontant vers le Nord, il laisse 400 soldats dans la forteresse avec des vivres pour deux ans. Un traité est signé marquant la frontière au niveau de Méharraqa, frontière en vigueur jusqu'au IIIème siècle de notre ère.
En 21 avant notre ère, le royaume de Méroé y construit deux temples, Qasr Ibrim devient alors un centre religieux important. Des textes méroïtiques, retrouvés sur des papyrus, des tablettes en bois et des ostraca (tessons de calcaire) concernent l'administration des temples. Des textes démotiques confirment des liens étroits avec le sanctuaire de Philae. 
A la fin du IIIème et début du IVème siècles après notre ère, la désintégration du royaume de Méroé et l'apparition de populations appelées groupe X par Reisner. Ces populations, sans écriture, reprennent des traditions ancestrales comme les mises à mort rituelles. Pour cette période, des textes méroïtiques suggèrent que la langue méroïtique a continué d'être parlée après la disparition de la capitale.
L'empereur Dioclétien ramène la frontière à Assouan à cause de troubles importants en Basse-Nubie entre des populations locales, les Nobades (habitants de la vallée du Nil) et les Blemmyes (originaires du désert de l'Est). 
Au VIème siècle, le monde chrétien s'impose avec l'arrivée de moines coptes d'Egypte et la mission Julien envoyée, en 543, par l'impératrice de Byzance, Théodora. L'ancien temple de Taharqa est transformé en église. Une cathédrale, construite au milieu du site, reste le siège des évêques nubiens jusqu'au 14ème siècle. Son dernier évêque, Thimoté, y est enterré aux alentours de 1374. On peut s'interroger : pourquoi des objets de culte et des statues retrouvés dans un temple de l'époque de Taharqa ont été volontairement détruits. L'ont-ils été par des iconoclastes chrétiens ? Si la capitale de la Basse-Nubie est Faras, Qasr Ibrim se révèle un centre important dirigé par un gouverneur. 
Après l'arrivée des Ottomans à la fin du XVème siècle, la cathédrale est transformée en mosquée tandis que les murailles sont renforcées, bien que la forteresse principale soit dans l'île de Saï. Il a été mis au jour des documents en arabe et en turc. Au XVIIIème siècle, il y avait encore une cinquantaine de soldats dans la forteresse. Les descendants de ce qui était devenue une garnison héréditaire furent chassés par les Mamelouks en 1811, eux-mêmes éliminés par Ibrahim Pacha en 1812.
Le site est alors abandonné. Aujourd'hui, le lac de retenue du Haut-Barrage a éradiqué une hauteur d'environ soixante mètres ne faisant plus de Qasr Ibrim la place forte de l'Antiquité.
Voir le site "Sociétés des Cultures Nubiennes" : http://nubie-international.fr/accueil.php?a=page165020
Chapiteau floral.