Siwa, oasis berbère en Egypte
Sur fond d’impressionnantes collines corrodées et d’une mer de dunes, Siwa surgit tel un mirage, ensemble de villages en briques crues de couleur ocre, à l’ombre des palmiers-dattiers et des oliviers verdoyants, reliés entre eux par des torrents, des sources jaillissantes et des jardins arrosés à profusion.

Un paradis isolé, fait depuis des lustres par des mains de ses habitants d’origine berbère. Lesquels conservent et perpétuent encore leurs coutumes, traditions, davantage leur langue Tamazight. Depuis les temps reculés la Berbèrie ou Tamazgha entretenait des relations amicales, tantôt, belliqueuses avec l’Egypte.

    

Les berbères ont enrichi l’Egypte par leur savoir, tant militaire, artistique que scientifique : navigation, construction d’édifices (pyramides, temples, monuments, décoration de fresques...), encadrement militaire (infanterie, conduite de chars, dressage de chevaux), agronomie... Si bien qu’ils devinrent des pharaons, tels Mesher, Meghiey, Sheshnoq... conquérants, chefs de guerre et ont régné sur une grande partie de l’Afrique orientale.

    

Des mariages entre les deux populations ont été célébrés, voir dans la plus haute hiérarchie régnante, à l’instar de Juba II, dont son royaume couvre un immense empire le Maroc et l’Algérie actuels.

    

Il se maria à la fille de Cléopâtre, reine égyptienne, Cléopâtre Séléné. L’édification du Mausolée Royal Mauritanien dit « tombeau de la Chrétienne » (surnommé ainsi à cause de ses quatre fausses portes en formes de croix orientées selon les quatre points cardinaux) ne fait-il pas partie d’un même patrimoine architectural ? Il ne s’agit pas de chercher qui a influencé l’autre. Il est question de constater des substrats originels, communs. La similitude d’un fonds africain Berbèro-Egyptien est évidente, au regard des affinités architecturales.

   

D’ailleurs cette similitude, se trouve dans d’autres monuments funéraires : les djeddars de Tiaret, les bazinas, les madracens de Siga, de Batna et de Gour (Méknés). A ajouter à ce maillon de l’histoire, l’apport des berbères de la Petite Kabylie.

Après avoir édifié Mahdia (Tunisie), ils quittèrent leur capitale pour fonder le Caire, capitale d’Egypte actuelle. Cette introduction nous emmène à affirmer que l’oasis de Siwa est la preuve physique, culturelle de cette époque de l’histoire commune Berbèro- Egyptienne.

    

Cléopâtre VII a pu avoir visité cette oasis pour consulter l’oracle, aussi bien que peut-être le bain au printemps qui porte maintenant son nom. Cependant, à la période romaine, les prisonniers politiques étaient envoyés par Auguste dans l’oasis de Siwa, un endroit d’exil sur.

    

Cette oasis qu’on veut qu’elle soit un sujet édifiant, symbole exemplaire de l’unité africaine, est située dans le désert occidental de l’Egypte, dans le Gouvernorat de Mersa Matrouh et la limite de la frontière libyenne. Elle est nichée dans une dépression au milieu du désert, approximativement à 18m au-dessous du niveau de la mer. Elle est entourée par des paysages divers : amas de pierres et collines, mer de sable et de dunes. Sa largeur change entre 5 et 27 kilomètres, et 80 km de long.

   

 La surface totale de la dépression est de 1 088 km2. Elle était édifiée par les berbères égyptiens à l’endroit de la moderne Aghourmi où subsistent également des vestiges du temple d’Amon construit par Amasis.

    

Le nom « Siwa » signifie en Tamazight « l’oiseau de la proie qui protège le dieu Amon ». Aujourd’hui, la population estimée à plus de 20 000 personnes parle son propre parler « Tassiwit », dérivé de la langue mère Tamazight. L’Arabe et l’Anglais ne sont utilisés qu’avec les touristes. Siwa se distingue culturellement du reste de l’Egypte. Les Siwis ou Issiwiyan vivent presque en autarcie de la culture du palmier-dattier, de l’olivier et du maraîchage.

    

Il ne pleut pas beaucoup mais, paradoxalement, l’eau est très abondante. Il y a une multitude de puits, de sources et de fontaines d’eau chaude, utilisée pour tout usage éventuellement après son refroidissement à l’air libre.

   

Siwa produit et commercialise dans toute l’Égypte une eau minérale naturelle en bouteille qui porte son nom. L’oasis de Siwa fut peuplée en grande partie aux temps préhistoriques par des tribus venues de l’Ouest de l’Afrique du Nord, essentiellement de Libye et de la vallée du Nil. De l’Antiquité au Moyen-âge, l’oasis fut désignée par une variété de noms comme en témoignent diverses inscriptions de temples et de tombeaux.

Le nom plus récent de « Siwa » dérive du nom de la tribu autochtone de « Ti-Swa ».

La tradition de l’adoration du bélier par les Berbères, se perpétue dans le temps et se pratique jusqu’à présent à Bgayet en Algérie et en Tunisie, sous forme de combats de Béliers. En Tunisie particulièrement, cette pratique est structurée sous forme de club sportif, qu’on nomme la Béliomachie. La forteresse d’El Karaka de la Goulette (Tunis) a servi d’arène à ces combats dans les années 90. Au Nord de ce temple se trouvent les tombes rupestres de Karet El-Moussaberin, de la 26ème à la 30ème dynastie.