Les maisons traditionnelles faites de troncs de palmiers et de briques de terre, aujourd’hui, à cause des intempéries, seuls un ou deux bâtiments en lisière de l’agglomération sont encore utilisés, dont une mosquée au minaret en forme de cheminée.

    

Le temple d’Aghourmi (signifie noyau. Aghourmi n tiyini : noyau de datte) planté sur un rocher, proche de la localité de Siwa a été transformé et égyptianisé sous Amasis, pharaon de la 26éme Dynastie 570- 526 avant J.C.

    

Originaire d’une bourgade proche de Saïs, ce personnage répondant au nom égyptien d’Ahmose (hellénisé en Amasis), fut tout d’abord général en Nubie sous Psammétique II.

A la suite d’une campagne en Libye contre les berbères de Cyrène (Libye), où les troupes égyptiennes furent défaites, il fut proclamé pharaon par les militaires de souche égyptienne, qui s’estimaient délaisser au profit des mercenaires grecs, engagés au service d’Apriès. Il écrasa le roi et son armée formée d’étrangers, à la bataille de Mo Memphis, près de Terrana sur le Nil.

 Le gouverneur de l’oasis à cette époque, Sethirdis, descendant d’une famille d’origine libyenne, y est également représenté sur les murs à l’intérieur du temple. Un peu plus tard, à l’époque perse, comme le relate Hérodote, l’armée de Cambyse, qui tentait de rallier Siwa depuis Kharga, périt tout entière dans les sables.

Cette oasis était cruciale pour des caravanes commerciales traversant le désert de la vallée du Nil pour rejoindre les ports méditerranéens de la Libye. Siwa a également prospéré comme centre religieux pharaonique, moult rois envoyaient des missionnaires pour consulter l’oracle d’Amon. Ce dernier doit sa si grande renommée à une visite d’Alexandre le grand en 331 av. JC. Après la consultation de cette divinité, Alexandre prétendit être le fils du dieu Zeus-Amon, et ainsi a choisi d’être inhumé dans la cité des berbères, appelée dans l’Antiquité Tja.

    

Amon est le dieu bélier, lié à l’eau et à la fécondité, est très probablement d’origine libyenne, et le premier état de son temple à Siwa diffère dans l’agencement des salles du plan classique des temples égyptiens.

Avec l’installation d’une colonie grecque à Cyrène, son renom et son culte se sont largement répandus à travers le bassin méditerranéen dans le monde grec où il a été assimilé à Zeus. Mais surtout, il entretenait d’étroits rapports avec l’Amon égyptien par l’intermédiaire du bélier qui leur était commun et par des pratiques oculaires.

    

Le temple de Nectanebo II à Oum El-Ebeida est presque complètement détruit. Légèrement plus au sud, à Oum Oubeida, se dressent les ruines d’un autre temple d’Amon-Rê où l’on a retrouvé les cartouches de Nectanebo II. Il était au début du 19éme siècle en bien meilleur état qu’aujourd’hui, comme le montrent les gravures de l’époque.

    

Au Djebel Mota, dans la même région, subsistent les restes d’une nécropole dont les tombes décorées s’apparentent à celles de la vallée : tombe anonyme dite du crocodile, de Padjehouty, Siamon, Mesouisis, dont les dates s’étagent entre la 26ème dynastie et l’époque de Ptolémée (305 à 30 av.JC). Des objets néolithiques trouvés en surface attestent la très ancienne occupation de l’oasis. Les vestiges de la forteresse en terre datent du 13éme siècle et dominent le centre-ville.

    

Siwa connut le déclin, quand ces temples païens sont tombés en désuétude à la diffusion du Christianisme. Cette période a coïncidé avec l’effondrement de l’Empire Romain. Toute la région a sombré dans l’anarchie, ce qui a abouti à l’invasion Arabo-musulmane de l’Egypte en 640 ap. J.-C. « Au 8ème siècle, l’armée arabo-musulmane fanatisée conduite par des émirs saoudiens arriva dans le but de conquérir Siwa.

Les habitants issiwiyan issus d’une tribu millénaire berbère, furent confrontés à choisir entre trois possibilités : Rejoindre la horde de conquérants, se plier à ses exigences en lui rendant hommage et vivre en paix ou combattre pour leur terre. Les habitants de Siwa gagnèrent du temps en demandant trois jours pour faire leur choix. Pendant cette période de trois jours, ils recueillirent leurs richesses tels que l’or, les bijoux, les pierres précieuses, et les trésors pharaoniques.

    

Puis, le dernier jour, ils se sauvèrent vers l’Ouest avec tous qu’ils pouvaient porter. Laissant derrière eux, leurs trésors les plus lourds en les dissimulant de sorte qu’ils soient gardés en leur absence par les puissances magiques de leur génie. » extrait des récits fixés dans la mémoire collective.

Un temps s’écoula, une grande sécheresse frappa toute l’Afrique du Nord-ouest, ainsi les tribus berbères recherchant l’herbe et l’eau, voguèrent par les sables étouffants du désert. Grande surprise, ils y trouvèrent réponse à leurs peines, l’oasis de Siwa verdie de palmiers-dattiers, de vergers d’abricotiers, d’oliviers. Ils y prirent demeure avec d’autres familles venues successivement de l’Ouest (Maroc, Algérie), afin renforcer la puissance de la tribu sur cette terre fertile.

    

La première cité fut bâtie dans les terres en contrebas de l’oasis et fut appelée « Ami Misalum ». Cependant, cet emplacement les rendait vulnérables aux attaques des forces hostiles et aux moustiques. Ainsi, en 1203, ils établirent une citadelle « Shali » sur le haut de la colline pour se protéger et y établir leur royaume.

    

De nouvelles lois et règles furent instituées permettant aux chefs des tribus de régir Siwa comme Etat indépendant pour des centaines d’années. En 1840, Mohamed Ali, officier albanais devenu vice-roi d’Egypte, vassal de Constantinople envoya son armée égyptienne à Siwa, dans le but d’obtenir la soumission de ses habitants à sa loi.