Ces derniers creusèrent un fossé autour de la citadelle pour empêcher l’armée égyptienne d’attaquer, mais Ali mis le feu à la citadelle causant sa destruction. Il a également ordonné au Général Hussein Bek Ashamashurgi d’inviter soixante-douze des plus hauts chefs de clans locaux à une réunion où ils ont tous étés exécutés. Ainsi les habitants de Siwa ont été forcés de se soumettre.

    

Un nouveau système de gouvernement égyptien a été imposé et les habitants de Siwa durent payer un impôt pour chaque palmier dans l’oasis. Ceci a continué jusqu’en 1950 où un homme d’affaires bédouin a acheté toutes les dates dans Siwa et a payé tous les impôts de l’Etat sur les arbres.

    

Le nouveau défi pour Siwa fut de s’ouvrir au monde. En 1977, le Président Mohamed Anwar Sadate (assassiné le 6 octobre 1981 par des soldats islamistes au stade du Caire lors d’un défilé militaire, à l’occasion d’une fête nationale) a visité l’oasis et a montré la grande sympathie envers le peuple.

    

Plus tard, en 1983, il a créé une ligne aérienne pour faciliter l’accès au reste de l’Egypte et désenclaver ainsi cette oasis. Un hélicoptère assure le transport des habitants pour des buts médicaux et le transport des produits vitaux.

L'antique Shali, nommée également Tja à l'époque pharaonique, est sans conteste la plus célèbre des oasis. Là siégeait l'oracle d'Amon, dieu-bélier lié au culte de la fécondité qui, bien que quelque peu assimilé à Amon l'Égyptien ou à Zeus, garda longtemps sa puissance et son mystère.

    

Sur les pistes qui cheminent au cœur d'une superbe palmeraie, nous passerons près de la source au nom évocateur de " bain de Cléopâtre " pour visiter les vestiges du temple d'Ammon.

    

Au sommet du village déserté d'Aghourmi, dans le temple de l'Oracle, nous évoquerons Alexandre venu y recevoir la confirmation de l'ascendance divine qui allait faire de lui le véritable pharaon. Siwa était également un centre caravanier de première importance. Marchands et
gouverneurs firent creuser sur le djebel Mota de riches tombeaux décorés.

La population de Siwa était (et est toujours) d'origine berbère. Les "Libyens" (les "Tehenou")  avaient très probablement un dieu bélier qui fut fusionné avec l'Amon bélier puis plus tard avec le Zeus grec. Cette forme de Zeus, représentée avec  des cornes de bélier, était appelée Zeus-Ammon (avec 2 "m"). Les Grecs donnaient d'ailleurs ce nom d'Ammon à l'oasis de Siwah elle-même

    

L'oracle d'Amon  fut en fonction au moins à partir du VIème siècle avant Jésus-Christ (Amasis) et continua plus ou moins glorieusement jusqu'au VIème siècle après. A sa grande époque, il était aussi célèbre que celui de Delphes.

    

Ce petit temple qui ne paye pas de mine était donc un des plus grands sites sacrés du monde antique.

    

Parmi les pèlerins venant le consulter, on trouvait des Égyptiens, des Berbères et des Grecs. Les berbères/Tehenou étaient des locaux mais aussi des habitants de la Libye actuelle (la Cyrénaïque).

    

Les Grecs pouvaient aussi venir de Cyrénaïque et plus généralement de l'ensemble du monde méditerranéen, après sa conquête par Alexandre. Pourquoi à Siwa? Siwah est remarquable pour ses étendues d'eau et ses sources jaillissant d'on ne sait où. L'eau se dit "Aman" en Siwi. Les égyptiens ont peut-être rapproché cette eau mystérieuse "Aman" de leur dieu Amon "le caché", dieu possédant un caractère aquatique en lien avec l'inondation.

    

Dans d'autres occasions, les oracles avaient lieu lors des processions : La statue du dieu dans sa barque répondait oui en avançant ou non en reculant, comme à Thèbes. Dans un cas comme dans l'autre, les oracles étaient rendus par les prêtres. La disposition des bâtiments à Aghurmi laissant penser que le gouverneur était aussi le grand prêtre, il est tentant de crier à la supercherie ou à la confusion des rôles.